EDIT : Mes enfants, ne lisez surtout pas le premier article si vous ne connaissez pas mon histoire, j'ai commencé par le deuxième chapitre sans le faire exprès XD Ce message sera rayé lorsqu'il ne sera plus d'actualité ;)


J'ai enfin décidé de reprendre cette fiction. ça faisait un bon moment que j'en avais envie... et me (re)voilà. Angie-Keith me trotte dans la tête depuis tellement longtemps que je la connais sur le bout des doigts... Tant pis si je n'ai pas ou plus de lecteurs. Cette histoire, je l'écris pour moi. Merci à celles qui m'ont gardé dans leurs prèfs malgré ma longue absence.
Je reviens !


POUR VOUS Y RETROUVER :
- Les flash backs sont écrits en PDO Omniscient tandis que le reste est écrit du PDO d'Angie-Keith. Que cela ne vous paraisse pas étrange de voir que je parle d'elle à la troisième personne dans les "propulsée en arrière" !
- Andraber n'existe que dans mon coeur ;)
- Angie-Keith a un nom terriblement, heu... inventif. C'est pour cela qu'elle dit "mon nom qui n'en est pas vraiment un".
- La lettre est d'ailleurs écrite bien après tout ce que je raconte.
J'en rajouterai peut-être d'autres.




# Online seit Samstag, 18. Oktober, 2008 um 11:27

Geändert am Donnerstag, 24. Dezember, 2009 um 11:44

. Le point final.

 . Le point final.
Tu sais que j'ai pris l'habitude de ne pas te faire confiance. C'est nocif pour nous deux. Je ne suis plus aussi naïve qu'à notre rencontre et tu détestes ça, parce que ça me permet de m'échapper de ton étreinte. Je suis devenue la machiavélique Angie Keith. Que la deuxième partie de mon prénom soit séparée de la première comme si c'était mon nom de famille me gênait avant, mais plus maintenant. J'ai appris à ne plus rien voir. J'ai appris à être aveugle, comme toi. Le tiret de mon prénom-qui-n'en-est-pas-vraiment-un a disparu et moi avec. Aujourd'hui, je suis aussi détestable que toi. Deux écorchés vifs perdus dans le désert. C'est pitoyable, mais il fallait s'y attendre... Nous n'avons jamais été des âmes s½urs et nous ne le serons jamais. Au final, je crois que c'est ça, le pire. Ce n'est pas de savoir que je ne trouverais jamais l'âme qui m'était destinée, si tant est qu'il y en avait une. Le pire est de savoir que je t'aimerais toute ma vie et plus encore, cela même en sachant que tu ne changeras jamais pour moi, que nous ne nous « trouverons » jamais vraiment, et que nous passerons notre temps comme ça, à nous attirer et à nous déchirer simultanément. La première lettre que j'avais envoyée était déchirante et couverte de larmes. Celle-ci est propre et blasée, et cela me rend vraiment triste. Je n'aurais jamais pensé que ça finirait comme ça. Avant... Avant...
Avant, tu m'avais déjà prévenue.

« Nous ne sommes pas faits pour être ensemble. »


[...]



Ils n'étaient pas fait pour être ensemble. Ils n'étaient pas fait pour être ensemble. Il l'avait répété deux fois de suite, pour bien lui faire comprendre ce qu'il tentait de lui inculquer du regard depuis qu'ils s'étaient rencontrés.

« Je n'exige rien de toi, n'exige rien de moi non plus. »
Et puis il l'avait embrassée.

Il n'étaient pas faits pour être ensemble. Il lui avait chuchoté au creux de l'oreille mais elle l'avait prestement fait taire, comme si le fait qu'il ne dise pas tout haut ce qu'il pensait tout bas allait changer les choses. Elle avait laissé toutes ses propres peurs là-bas, quelque part sur une botte de foin, et elle s'était allongée sur lui pour mieux répondre à son baiser, d'un geste hésitant et maladroit qui parut le ravir tout autant que si elle avait été la ravissante jeune urbaine qu'elle aurait tant aimé être en cet instant – tout sauf la campagnarde rêveuse, naïve et timide qu'elle était... Mais, lorsqu'il avait commencé à déboutonner le haut du petit chemisier blanc de princesse qu'elle portait ce soir-là, elle n'avait plus pensé à rien, trop occupée à recevoir sa dose de bonheur. Chaque baiser était une nouvelle vie, qui dansait un instant sur sa peau avant de s'évaporer dans les airs. Un autre, et puis encore un autre. Elle aurait tellement voulu échapper aux grandes aiguilles du temps. Juste un peu. Ou peut être un peu plus qu'un peu...
Mais elle s'était leurrée de bout en bout. Au final, si elle savait que rien de meilleur ne lui arriverait jamais dans sa petite vie de future fermière insignifiante, elle savait également que ce bon côté – il s'appelait Bill – allait s'enfuir avant même qu'elle n'ait eu vraiment le temps de l'apprécier...

« Tu me manqueras, 'Gie. »
Il lui avait dit d'un ton blasé sans même faire l'effort de la regarder, en fixant son bus-tour comme s'il l'avait déjà oublié. Comme s'ils les avaient déjà enterré, elle et leur début d'histoire. Et puis il avait tourné les talons et était parti. Si vite. Elle n'avait même pas eu le temps de regarder son visage une dernière fois, de le fixer dans ses souvenirs pour l'éternité comme dans les romans d'amour bon marché dont elle raffolait. La dernière image qu'elle avait de lui était, bêtement, le sac de voyage qui se balançait de haut en bas sur son épaule droite. R.I.D.I.C.U.L.E. .
Elle finissait, à force, par se demander si elle n'avait pas rêvé tout ça. Si elle ne l'avait pas rêvé lui. L'histoire d'amour qu'elle aurait pu vivre avec lui s'était achevée avant même d'avoir vraiment commencé. Ils s'étaient rencontrés. Ils s'étaient plus, malgré toutes leurs différences. Ils s'étaient parlé à n'en plus finir. Ils avait fait l'amour.


Et fin.




CHAPITRE DEUX.






Maman n'avait pas aimé Bill, ni Tom, ni Georg, ni Gustav, ni même Saki et Dan qui n'avaient strictement rien fait de mal et qui, eux, ne portaient même pas le genre de vêtements qui entraînerait la désapprobation de Madame comme les quatre autres. Elle avait détesté le gros 4X4 garé dans le jardin, les voisins curieux qui avaient pointé le bout de leur nez chez nous à sept heures du soir, les cheveux du Chanteur et le fer à lisser de Georg. Elle grogna du soir au matin, en préparant les lasagnes, en faisant la vaisselle, en voyant Gustav faire tomber son plus beau vase et en cherchant le chat dans le jardin, caché sous la haie pour échapper à Bill qu'il avait fui comme la peste dès son arrivée. Heureusement pour nous tous, Papa était rentré assez tôt pour réguler la situation, s'excusant en vitesse de la franche impolitesse de sa femme avant d'enchaîner sur les bonnes lasagnes qu'elle avait préparé. Sujet qui eut le don de ramener les sourires disparus – merci, papa.

Étrangement, je ne me rappelai de toute cela qu'à travers un brouillard dense et compact que je ne pouvais chasser malgré mes constants efforts. Les rires des jumeaux... les grognements imbéciles de maman... le sourire crispé de papa et de Saki... C'était idiot et ridicule, mais tout ce dont je parvenais à me souvenir, c'était la scène qui avait suivi – ces instants bénis où je m'étais rendue dans la grange avec Le Chanteur...


Propulsée en arrière.
[FLASH BACK_]



- Assieds-toi, lui demanda-t-elle en s'affalant par terre, bonne habituée de l'inconfort qu'elle était.

Il avait froncé le nez puis obtempéré à contrec½ur, s'asseyant dans le foin avec une élégance et une contrariété palpable. Que Monsieur Le Chanteur n'ait pas de trône en velours pour s'asseoir et son monde ne tournait plus rond. Angie-Keith ne s'en offusqua pas et le sourire idiot qui apparaissait régulièrement sur ses lèvres réapparut encore une fois, et puis encore une. C'était parfaitement ridicule. Authentique aussi.

- ça doit être bien,... de vivre de sa musique. Non ? Ânonna Angie-Keith en jouant avec une brindille d'un geste fébrile.
Il prit le temps de lui sourire avant de répondre, le regard vrillé sur elle avec tant d'insistance qu'elle l'aurait considéré comme l'impolitesse la plus pure si elle n'était pas venue de lui.
- C'est plus que bien. C'est magique... comme un océan.

Elle écarquilla les yeux et lui rendit prudemment son regard, plus nerveuse que jamais. Le Chanteur avait le regard tranquille, lui. C'était une première pour Angie-Keith de le voir aussi calme. Il ne s'agitait pas, ne parlait pas trop fort, ne fredonnait pas, ne battait pas la mesure – ni de ses grands pieds, ni de ses grandes mains. Il se contentait de respirer à côté d'elle, incarnation de la patience et de la beauté. C'était vraiment étrange. Elle n'aurait jamais pensé à lui attribuer ces adjectifs quelque temps plus tôt, au repas. Était-il vraiment le même, ici ? Était-ce possible de changer du tout au tout en quelques minutes ?
Elle l'en croyait capable.

- Un océan ? Répéta-t-elle en osant enfin briser le silence qui s'était installé.
- Ouais. Ça va, ça vient... tout est toujours en mouvement. Il y a beaucoup de gens autour de nous, mais tous finissent pas s'en aller. Alors nous partons autre part, et les gens nous aiment, nous quittent, nous insultent, nous demandent des autographes, nous complimentent, nous agressent, encore et encore. Ils parlent de nous et nous laissent tomber soudainement. Et c'est toujours si soudain que je n'arrive jamais à tout retenir. Les visages de nos fans... Quelques uns subsistent, ce sont des bons souvenirs pour nous. Le reste n'est qu'un océan de visages, qui sourient, hurlent et pleurent. Et puis...
Il stoppa au milieu de ses étonnantes explications, lui jeta un drôle de regard et se mit à rire en voyant la tête qu'elle faisait.

- Excuse-moi de te raconter tout ça. Tu ne dois rien comprendre... Je ne sais même pas pourquoi je te dis ça. En fait, tu as un visage à confidences.
- Un visage à confidences ?

N'était-elle bonne qu'à répéter ses mots ? Elle se reprit et passa une main tremblante dans ses longs cheveux couleur paille. Bill se laissa tomber dans le foin pour de bon et rit encore un peu avant de se décider à lui expliquer le fond de sa pensée.

- Oui. Un visage à confidences, répéta-t-il lentement, comme s'il savourait ses paroles et l'effet qu'elles auraient sur elle. Le genre de visage qui t'amène toujours à dire des trucs qui reflètent le fond de ta pensée, quelle qu'elle soit. Je n'aime pas trop ce genre de visages. Ceux qui les possèdent sont trop candides.
Mais je ne suis pas candide ! S'exclama Angie-Keith en fronçant le nez.
- Tu crois ça ?

Rieur, il se tortilla sur le foin jusqu'à ce que leurs deux visages se touchent presque. La jeune fille eut un vague aperçu de l'effet que ses grands yeux chocolat lui faisaient avant qu'elle ne se redresse précipitamment pour éviter cette soudaine proximité. Son c½ur battait trop vite, trop fort dans sa frêle poitrine. « Calme-toi, Angie-Keith. », se répéta-t-elle quelques instants avant d'oser reprendre le fil de leur conversation décousue, surtout pour éviter qu'il ne s'aventure en des terrains plus dangereux.

- Ta vie est comme un océan. La mienne... c'est un grand champ d'herbe.
Il éclata de rire – un rire frais qui grelottait comme mille clochettes de mille des chèvres qu'Angie-Keith soignait tous les matins depuis onze ans.
- Vraiment ? Un champ ? s'étonna-t-il en se cachant la bouche pour mieux se moquer d'elle.
- Oui. Un champ d'herbe jaune, soupira-t-elle, décidée à le faire rire de nouveau.
Son stratagème fonctionna et ses accents de gaieté l'émerveillèrent. Elle battit les paupières et se décida enfin à se rallonger près de lui. Il se rapprocha aussitôt d'elle, si vite que leurs épaules se cognèrent l'une contre l'autre avec un bruit sourd. Le Chanteur grimaça mais ne fit pas mine de se reculer.

- Pourquoi jaune ? Demanda-t-il en reprenant son sérieux.
- Parce que. C'est toujours la même chose, ici. La meilleure des herbes se gâterait si l'on ne s'occupait pas d'elle.
- Soyons clair ; tu es l'herbe en question ?
- Parfaitement, acquiesça Angie-Keith. Parfois... j'ai l'impression que je vais mourir d'ennui. Il ne se passe jamais rien à Andraber. Le matin, les coqs nous réveillent. Papa se rend à la ferme pendant que maman prépare le déjeuner. Je vais aider papa après avoir fini de manger. L'après-midi, je reste à la boutique et tente de m'occuper, avec un livre, ou en allumant la télévision. Quand je ne suis pas en vacances, je vais à l'école, bien sûr. En rentrant, sur le chemin, je fais souvent une partie de pétanque avec les vieux du village. Et puis c'est tout. Comparé à toi, ma vie est... mon Dieu, vraiment terrifiante, soupira-t-elle avant de rire.

Lui ne rit pas, et sa grande main vint chercher la sienne dans le foin. Lorsque leurs doigts se trouvèrent, Angie-Keith s'aperçut qu'il était gelé. Elle en fut bizarrement soulagé. Ainsi, Monsieur Le Chanteur était humain – lui aussi avait froid, parfois.
- Tu n'as pas d'amis ? La questionna-t-il à voix basse. Moi, je n'ai pas le temps de m'en faire. Tout est trop éphémère. - J'ai l'impression que pour toi, c'est le contraire. Tout est trop long, trop lourd. Non ?
- Si... chuchota-t-elle. C'est ça.

Elle tourna la tête – pour éviter son regard, pour avoir le droit de ne pas répondre à sa précédente question. Tout ce qu'ils étaient en train de se dire était de l'authenticité pure et dure, et dans le calme de la grange, elle aurait pu tout lui raconter. Absolument tout. En un flash de souvenirs amers, elle revit le visage rieur d'Antoine, le contact de sa main sur la sienne, leurs moments ensemble... et puis les autres, les pires, les sombres. Elle chassa prestement ces images et ferma un instant les yeux pour qu'elles la laissent tranquille. Elle ne pouvait pas lui raconter – ne voulait pas. Pas maintenant. Pas tout de suite. Peut-être jamais d'ailleurs.

- Tu as des amis, 'Gie ? Redemanda Le Chanteur d'un ton prudent, grave, lointain.
Elle se tourna à nouveau vers lui et le regarda gravement, lui et ses grands yeux entourés de noirs, lui et ses étonnants cheveux étalés sur le foin, lui et sa peau si pâle, lui et ses drôles de bijoux, lui et son inconsciente ébauche de sagesse.

- 'Gie ? Souffla-t-elle.
- C'est plus court, s'impatienta-t-il. Réponds plutôt à ma question.
Elle lâcha sa main et se releva vivement. Il tenta de la rattraper mais elle échappa à ses doigts et enjamba le foin à la va-vite pour s'éloigner de lui et de ses questions intarissables.
- Je ne veux pas te répondre.
- Mais...
- S'il te plaît, va-t-en.

Il se leva à son tour et Angie-Keith se rendit compte à quel point il était grand. Frissonnant dans sa petite veste de cuir noir, il tentait de trouver une place pour ses grands pieds dans le foin qui emplissait la grange et agitait ses jambes frêles pour s'empêcher d'avoir froid. Il darda sur elle un regard pénétrant qui la transperça sur place et enfonça ses mains dans les poches de son jean en soupirant. Ils s'observèrent tous deux pendant quelques instants sans rien dire. Dehors, le soleil s'était enfin couché et la clarté environnante qui éclaircissait la grange un peu plus tôt avait laissé place à une obscurité des plus effrayantes. Angie-Keith risqua un coup d'½il en direction de la porte ouverte et frissonna. Elle avait toujours eu peur du noir.

- Va-t-en, répéta-t-elle à Bill tandis qu'il l'observait encore. S'il te plaît.
- Angie-Keith...
- S'il te plaît.

Après un dernier regard dans la direction de la jeune fille, il se détourna enfin et sortit sans un mot.


La jeune fille eut à peine le temps d'aller se rasseoir dans le foin qu'il revenait déjà, l'air décidé.
Cette fois-ci, ce n'était pas pour parler.



« Et puis il l'avait embrassée. »

# Online seit Donnerstag, 24. Dezember, 2009 um 11:28

Geändert am Donnerstag, 24. Dezember, 2009 um 11:57