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Chanson de verre.

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AndEnd

Description :

J'aimerais te dire que sans toi je suis bien, j'aimerais te dire que tu n'es qu'un sale con arrogant qui pue la célébrité à en froncer le nez, j'aimerais te dire d'aller te faire foutre, j'aimerais que tu arrêtes de froncer les sourcils lorsque ce que je te dis n'a aucun sens, j'aimerais que tu sois pauvre et mal habillé, j'aimerais que tu ne sois pas Bill, le Chanteur, mais Bill, tout court.

J'aimerais te dire que je me débrouillerais parfaitement bien, sans Toi.









































































































































































































Au final, je ne sais que t'aimer.

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Je vous dois un édit je pense, alors let's go. ça fait un bail que je ne me suis pas connectée sur AndEnd et un bail, aussi, que je n'ai pas songé à cette histoire - je l'avoue. Pourtant elle me tenait à coeur... enfin, j'ai envie de dire "les vieilles habitudes ont la vie dure". Il n'y a pas longtemps, j'ai commencé une nouvelle histoire, Quelques-amandes, que vous pouvez retrouver sur le blog du même nom - ICI donc. Je l'appelle "ma fiction de l'été", parce que j'ai l'intention de la finir avant Septembre, elle sera donc assez courte (une vingtaine de chapitres maximum sans doute, eh oui, j'appelle ça court ! XD).
Si vous repassez par ici, lecteurs, j'aimerais que vous répondiez à ma question : souhaitez-vous que je continue AndEnd ? Dans un futur pas si proche, certes, pas avant Septembre sans doute, mais tout de même... J'ai encore 20 fans alors après tout, pourquoi pas ? Je veux dire, si je décide de la continuer, ça sera surtout pour vous, pas pour moi. Moi, j'ai des tonnes d'autres histoires en cours, et puis en plus, je sais déjà assez précisément comment vont se dérouler les choses dans AndEnd. Angie-Keith et Bill... Avez-vous envie de les retrouver ?
J'aimerais une réponse sincère, s'il vous plaît. =)
 
 
 


BIENVENUE_

Anciennement Auferstehung, Unerhort et PerfectRevenge, je me renouvelle ici en tant que AndEnd. Cette fiction Th-ienne me tient vraiment à coeur et je serai heureuse de connaître vos avis sur cette histoire, qu'elle vous plaise ou non. Si vous lisez ces mots, n'hésitez pas à lire ceux qui suivent - il n'y a que deux chapitres pour l'instant. Je ne pense pas non plus que vous puissiez avoir un avis constructif après avoir lu ces deux chap' étant donné que je les ai écrits il y a un an de cela et que j'ai fait pas mal de progrès depuis, mais ce sera toujours mieux que rien...

J'espère que la Chanson de verre vous plaira. =)

NEWS_

- > Chapitres un et deux en ligne.

- > Je cherche des annuaires où m'inscrire, si vous passez par là faites-moi signe... ;)
- > En parlant d'annuaires, je suis ici. =)


POUR VOUS Y RETROUVER EN CE QUI CONCERNE LA CONSTRUCTION DE L'HISTOIRE_

- > Les flash backs sont écrits en PDO Omniscient tandis que le reste est écrit du PDO d'Angie-Keith. Que cela ne vous paraisse pas étrange de voir que je parle d'elle à la troisième personne dans les "propulsée en arrière" !
- > Andraber n'existe que dans mon coeur ;)
- > Angie-Keith a un nom terriblement, heu... inventif. C'est pour cela qu'elle dit "mon nom qui n'en est pas vraiment un".
- > La lettre est d'ailleurs écrite bien après tout ce que je raconte.

_J'en rajouterai peut-être d'autres.






 
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#Posté le samedi 18 octobre 2008 08:27

Modifié le lundi 20 juin 2011 06:36

. Le point final.

.  Le point final.
 
Tu sais que j'ai pris l'habitude de ne pas te faire confiance. C'est nocif pour nous deux. Je ne suis plus aussi naïve qu'à notre rencontre et tu détestes ça, parce que ça me permet de m'échapper de ton étreinte. Je suis devenue la machiavélique Angie Keith. Que la deuxième partie de mon prénom soit séparée de la première comme si c'était mon nom de famille me gênait avant, mais plus maintenant. J'ai appris à ne plus rien voir. J'ai appris à être aveugle, comme toi. Le tiret de mon prénom-qui-n'en-est-pas-vraiment-un a disparu et moi avec. Aujourd'hui, je suis aussi détestable que toi. Deux écorchés vifs perdus dans le désert. C'est pitoyable, mais il fallait s'y attendre... Nous n'avons jamais été des âmes s½urs et nous ne le serons jamais. Au final, je crois que c'est ça, le pire. Ce n'est pas de savoir que je ne trouverais jamais l'âme qui m'était destinée, si tant est qu'il y en avait une. Le pire est de savoir que je t'aimerais toute ma vie et plus encore, cela même en sachant que tu ne changeras jamais pour moi, que nous ne nous « trouverons » jamais vraiment, et que nous passerons notre temps comme ça, à nous attirer et à nous déchirer simultanément. La première lettre que j'avais envoyée était déchirante et couverte de larmes. Celle-ci est propre et blasée, et cela me rend vraiment triste. Je n'aurais jamais pensé que ça finirait comme ça. Avant... Avant...
Avant, tu m'avais déjà prévenue.

« Nous ne sommes pas faits pour être ensemble. »


[...]



Ils n'étaient pas fait pour être ensemble. Ils n'étaient pas fait pour être ensemble. Il l'avait répété deux fois de suite, pour bien lui faire comprendre ce qu'il tentait de lui inculquer du regard depuis qu'ils s'étaient rencontrés.

« Je n'exige rien de toi, n'exige rien de moi non plus. »
Et puis il l'avait embrassée.

Il n'étaient pas faits pour être ensemble. Il lui avait chuchoté au creux de l'oreille mais elle l'avait prestement fait taire, comme si le fait qu'il ne dise pas tout haut ce qu'il pensait tout bas allait changer les choses. Elle avait laissé toutes ses propres peurs là-bas, quelque part sur une botte de foin, et elle s'était allongée sur lui pour mieux répondre à son baiser, d'un geste hésitant et maladroit qui parut le ravir tout autant que si elle avait été la ravissante jeune urbaine qu'elle aurait tant aimé être en cet instant – tout sauf la campagnarde rêveuse, naïve et timide qu'elle était... Mais, lorsqu'il avait commencé à déboutonner le haut du petit chemisier blanc de princesse qu'elle portait ce soir-là, elle n'avait plus pensé à rien, trop occupée à recevoir sa dose de bonheur. Chaque baiser était une nouvelle vie, qui dansait un instant sur sa peau avant de s'évaporer dans les airs. Un autre, et puis encore un autre. Elle aurait tellement voulu échapper aux grandes aiguilles du temps. Juste un peu. Ou peut être un peu plus qu'un peu...
Mais elle s'était leurrée de bout en bout. Au final, si elle savait que rien de meilleur ne lui arriverait jamais dans sa petite vie de future fermière insignifiante, elle savait également que ce bon côté – il s'appelait Bill – allait s'enfuir avant même qu'elle n'ait eu vraiment le temps de l'apprécier...

« Tu me manqueras, 'Gie. »
Il lui avait dit d'un ton blasé sans même faire l'effort de la regarder, en fixant son 4X4 comme s'il l'avait déjà oublié. Comme s'ils les avaient déjà enterré, elle et leur début d'histoire. Et puis il avait tourné les talons et était parti. Si vite. Elle n'avait même pas eu le temps de regarder son visage une dernière fois, de le fixer dans ses souvenirs pour l'éternité comme dans les romans d'amour bon marché dont elle raffolait. La dernière image qu'elle avait de lui était, bêtement, le sac de voyage qui se balançait de haut en bas sur son épaule droite. R.I.D.I.C.U.L.E. .
Elle finissait, à force, par se demander si elle n'avait pas rêvé tout ça. Si elle ne l'avait pas rêvé lui. L'histoire d'amour qu'elle aurait pu vivre avec lui s'était achevée avant même d'avoir vraiment commencé. Ils s'étaient rencontrés. Ils s'étaient plus, malgré toutes leurs différences. Ils s'étaient parlé à n'en plus finir. Ils avait fait l'amour.


Et fin.





CHAPITRE UN.



Tu cours encore
Après un mythe
Tu espères trop
Petite demoiselle (...)



Dans un autre temps, dans un autre monde...


- Votre nouveau single fait un tabac en ce moment. Pouvez-vous nous en dire plus à propos de la « Chanson de verre » ?
- Je ne sais pas. Et vous ? Aimez-vous déballer votre vie privée devant tout le monde ?
- (gêné) Vous refusez toujours de parler de cette chanson. Peut-on en savoir plus sur la demoiselle dont il est question dans cette chanson ?
- Non. (catégorique.)
- Très bien, hum... merci d'avoir répondu à nos questions, Monsieur Kaulitz.
 
*


« Je sais que cette lettre ne te plaira pas. Je te vois déjà froncer les sourcils, et puis soupirer en secouant la tête. " Arrête un peu, 'Gie. Reviens dans le monde réel... " Tu avais raison. J'ai toujours pensé que tu resterais toujours avec moi, jusqu'au jour où tu es vraiment parti. Nous ne sommes vraiment pas faits pour vivre ensemble... mais je n'arrive pas à me faire à cette idée. La conversation que nous avons eue dans la grange l'autre soir... je n'arrête pas d'y penser. Je m'en veux de ne pas t'en avoir dit plus à propos de mes amis. Mon ami. Cet ami dont je ne voulais pas te parler, tu te souviens ? Au final, tu es parti sans rien savoir.
Je suis sûr que tu as déjà du mal à te rappeler de ce à quoi je ressemble. Moi et mon visage à confidences ridicule... Je suis certaine au moins que tu te souviens de mon prénom. Il est si laid... Ah. Tu soupires encore, n'est-ce pas ? Je crois que ça me ferais rire, d'entendre tes soupirs. Je suis désolée. J'écris de plus en plus mal parce que je ne vois plus rien. Tu voulais que je sois heureuse sans toi. Moi je crois que ma seule chance d'être heureuse s'est enfuie avec toi.
Pour Le Chanteur, je ferai n'importe quoi tu sais. Mais pour Bill, je ferai encore bien plus. »


Je posai mon crayon et séchai mes larmes d'un geste lent. Puis, fermant les yeux pour imaginer chacune des expressions que son visage pourrait prendre lorsqu'il lirait cette foutue, foutue lettre, j'ignorai pour une fois les battements désordonnés de ce qui restait de mon c½ur, et me rappelai chacun des souvenirs que j'avais essayé de jeter aux oubliettes. Pour les revivre une dernière fois. Intensément. Je sentais Sa main emprisonner la mienne. Sa peau sur la mienne. Sa voix. Ses rires. Ses soupirs blasés et ses grands airs. Le moindre de ses froncements de sourcils.
Et soudain, le Mal. Horrible, irréfutable. Il explosa en moi, remonta à la surface. Noyade insensée. Larmes. Espoirs brisés.

— Angie-Keith ! J'ai besoin de toi pour nourrir les chevaux... cria soudainement ma mère de l'étage du dessous en martelant la rampe d'escalier pour bien se faire comprendre.


Arrêt sur image. Rembobinage. Stop. Fin du Rêve. Je rouvris les yeux, séchai prestement mes larmes et pris une grande inspiration pour me donner du courage.

— J'arrive, Maman...

Je jetai un dernier coup d'½il à la lettre avant de sortir, me promettant de la jeter dès que j'en aurais l'occasion.

Il ne fallait pas qu'il voit ça.

__ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __
Propulsée en arrière.
[ FLASH BACK_]



Tic, tac. Tic, tac. Elle observait l'énorme pendule de leur petit salon depuis un moment, déjà. Il faisait si chaud qu'Angie-Keith n'avait de toute façon rien envie de faire d'autre. Tic, tac. Tic, tac. Elle jeta un coup d'½il au dehors et constata, une fois de plus, qu'il ne se passait rien à la ferme, autant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Rien d'étonnant à cela. Qui donc aurait le courage de venir acheter un cheval ou faire de l'équitation au beau milieu de nulle part, par cette chaleur qui plus est ? Elle soupira, ferma puis rouvrit les yeux. Tic, tac. Elle croisa et décroisa les jambes, changea de fauteuil, pris un livre, le reposa de suite. Rien à faire. L'ennui était toujours là. Tic, tac. Elle poussa un soupir exaspéré et pria le ciel pour qu'il arrive quelque chose. Quelque chose d'intéressant. Quelque chose d'étonnant. Quelque chose qui la tirerait de l'ennui dans lequel elle était en train de s'enfoncer. Tic, tac. Tic, tac.

Un homme.

Il entra en coup de vent dans la ferme, claqua la porte et observa les alentours. Puis, l'apercevant enfin, il s'avança aussitôt vers elle, un vague sourire soulagé détendant ses traits tirés. Elle quitta de suite son fauteuil et l'observa un instant, le c½ur battant. C'était un homme grand et massif aux cheveux poivre et sel coupés en brosse. Il devait avoir une cinquantaine d'années environ. L'air essoufflé, il promenait son regard sur le maigre mobilier d'un air quelque peu perdu. Angie-Keith connaissait bien cet air. En général, lorsque quelqu'un passait leur porte avec cet air là, c'est qu'il...

— Bonjour, excusez moi de vous déranger, mais nous sommes un peu perdus et... Auriez-vous l'amabilité de me dire où nous sommes ?

Voilà. Une fois encore, ses suppositions s'étaient révélées juste. Elle lui sourit, croisa les bras sur sa poitrine et, en se délectant d'avance des quelques minutes qu'elle pourrait passer sans s'ennuyer, elle déclara malicieusement :

— Nous sommes à Andraber.
— Ah très bien, et, hum... Et, où est-ce précisément?

Elle éclata de rire, inspira et prit le temps de jeter un coup d'½il dehors avant de poursuivre. Un énorme 4X4 était garé devant la ferme. Une énorme et très belle voiture. Elle le fixa dix bonnes secondes avant de daigner répondre à l'homme, qui s'impatientait devant elle :

— Vous devez être bien perdu pour atterrir à Andraber. Quelle était votre destination ?
— Hambourg. Normalement nous... Enfin, disons que cette fois nous avons voulu changer un peu et passer par un autre chemin, ronchonna l'homme en fronçant les sourcils avant de marmonner pour lui- même : Tout ça à cause de cet imbécile,...

Angie-Keith sourit de toute ses dents et remercia l'imbécile en question de lui avoir accordé quelques unes de ses précieuses minutes. Puis elle jeta un nouveau coup d'½il en direction de la mystérieuse voiture. Personne en vue du côté du hangar quelques mètres plus loin – la jeune fille en conclut que sa mère ne devait pas avoir vu les nouveaux arrivants. Elle aurait accouru à la boutique sans cela. Elle adorait lécher les pieds de ses clients potentiels. Ils se faisaient si rares ces temps-ci... Le pied droit d'Angie-Keith émit un léger claquement sur le parquet et elle claqua la langue. Signe de curiosité pour qui la connaissait.

— Andraber est bien plus au sud, expliqua-t-elle à l'inconnu en reportant son attention sur lui. Mais, je suis désolée, je ne serais pas capable de vous expliquer la route à suivre. (sa mère non plus, d'ailleurs. Elle n'avait jamais quitté Andraber depuis 11 ans qu'elle y habitait.) Et mon père ne rentre que demain...

Les sourcils de l'homme parurent vouloir embrasser ses yeux. Il se racla vivement la gorge et serra les dents, marmonnant un moment dans sa barbe en fixant le 4X4 garé au dehors. Elle n'entendit pas grand chose, si ce n'est " Imbécile... Destination...Censés arriver ce soir... Comment on va faire maintenant ! "Puis il s'excusa auprès d'Angie-Keith et alla s'entretenir un moment dehors avec un type baraqué qui fumait près de l'imposante voiture. La jeune fille les observa depuis la fenêtre, riant sous cape en voyant les deux hommes se disputer et passer des coups de téléphone tour à tour . La portière arrière droite du 4X4 s'ouvrit même un instant, mais l'homme avait qui elle avait parlé la referma aussi sec en secouant la tête. Déçue, Angie-Keith laissa retomber le rideau et alla se rasseoir dans le fauteuil qu'elle avait quitté. Un long moment passa encore avant que l'homme ne revienne, l'air plus fatigué que jamais. Angie-Keith se releva précipitamment tandis qu'il soupirait.

—Y a-t-il quelqu'un susceptible de nous héberger pour une nuit ?
Yes ! Angie-Keith esquissa un sourire ravi. Sa mère serait horrifiée d'apprendre qu'elle avait invité des inconnus chez eux, mais tant pis. Comment tromper l'ennui autrement qu'en accueillant les étrangers perdus à dormir ? À Andraber, il fallait saisir chacune de ses occasions.
— Oui, nous ! répondit joyeusement la jeune fille en souriant de plus belle. Il y a quelques chambres, là-haut, qu'on loue de temps en temps...

L'homme acquiesça. Mais avant qu'il n'ait pu clairement conclure un quelconque arrangement avec la jeune fille, la porte d'entrée claqua de nouveau.

Surprise.

Un jeune homme. En un éclair, elle repéra et nota plusieurs choses qui lui fit perdre le fil des Tic tac de la vieille pendule. Des cheveux exceptionnels, ébouriffés, noirs corbeau. Maquillage autour des yeux, vernis à ongles noir. Puéril, sensuel. Pantalon, moulant. Ceinture, tête de mort. Démarche de quelqu'un qui en sait long sur son avenir. Air de quelqu'un qui respire autant d'argent que d'oxygène.
Il avait pour le moment l'air furieux.
Et sexy en diable.

— Nom de Dieu, Saki ! Tu avais dis que ça ne prendrait pas longtemps !
— Écoute, Bill, c'est déjà assez fatigant, alors, s'il te plaît, ne te mets pas colè...

Trop tard. L'ébouriffé émit un grognement furieux qui n'annonçait rien de bon puis il se tourna vers elle, qui observait la scène en reculant légèrement – pétrifiée par la colère de ce Diable Sexy.

— Et où est-ce qu'on est, d'abord ?!
— C'est ce que j'allais t'expliquer, Bill... Nous sommes à Andar... Heu, Ander...
— Andraber, expliqua-t-elle non sans observer le contraste saisissant qu'offrait les deux personnages, l'un pétri de muscles et de bonnes intentions, l'autre aussi maigre et dégingandé qu'il était empli de sa colère impatiente.
— Voilà, acquiesça ledit Saki en jetant un coup d'½il en direction de l'adolescente. Nous allons sans doute devoir passer la nuit ici... De toute façon, il commence à se faire tard...
— Quoi ! répliqua Bill en ricanant bêtement. Tu crois que je vais rester là-dedans une nuit entière !
— Bill, arrête ! C'est impoli... avança-t-il en jetant un deuxième coup d'½il (plus nerveux celui-ci) à Angie-Keith.
— Oh, ce n'est pas grave, fit-elle. Vous restez, ou pas, alors? Ma mère s'occupe des chevaux pour le moment, mais on peut vous arranger les chambres très vite...

Nouveau grognement de la part de l'ébouriffé, mais plus étouffé et moins furieux cette fois. Elle remarqua distraitement qu'il n'avait plus l'air aussi furieux qu'avant, et qu'il la détaillait maintenant des pieds à la tête avec un petit sourire arrogant. Ce qui ne la rassura pas pour autant. Saki parut lui aussi remarquer que la colère de Bill venait de s'évaporer mystérieusement dans les airs, puisqu'il lui demanda d'un ton radouci:

— Alors ? C'est d'accord?
— Qui es-tu ? se borna-t-il à demander à la jeune fille.
La réponse claqua dans les airs.
— Je m'appelle Angie-Keith, j'ai 17 ans passés, j'habite à Andraber depuis 11 ans, je m'occupe des chevaux de ma mère et j'ai de bonnes notes à l'école, déclara-t-elle avec un petit rire. Et toi, qui es-tu ?
Il rit de sa répartie, puis s'avança un peu vers elle et gonfla le torse en déclarant d'un air important:
— Je suis Le Chanteur.
Elle lui sourit et oublia tout bonnement la présence de Saki, trop occupée à le détailler de la tête aux pieds, aussi charmée par son air arrogant que par l'once de timidité qu'elle décelait dans Le regard chocolat qui la déshabillait.
— Enchantée, Monsieur le Chanteur.

Tic, tac.
Tic, tac. Tic, tac.

_______________________________________________________

J'espère que ce chapitre vous plaît, bien que je n'en sois pas vraiment satisfaite. Je l'ai écrit il y a pas mal de temps, et qui dit pas mal de temps dit pas mal de défauts. Ne vous fiez pas à ce chapitre pour juger du reste de ma fiction, s'il vous plaît.
Quant au personnage principal, Angie-Keith... Elle est vraiment très naïve, à la limite de la niaiserie parfois. Il faut dire qu'elle ne sort pas souvent de chez elle... Bill et elle forment vraiment un couple improbable.
Au fait, ne vous étonnez pas si elle ne parle pas des trois autres gugus du groupe. Elle est trop obsédée par Le Chanteur pour remarquer ses copains XD
Les quelques phrases qui entament le chapitre parlent de ma "Chanson de verre" <3 Vous comprendrez plus tard...
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#Posté le vendredi 05 septembre 2008 07:49

Modifié le samedi 25 juin 2011 12:17

. L'océan et le champ d'herbe (jaune).

 .  L'océan et le champ d'herbe (jaune).
CHAPITRE DEUX.
 
Et les sourires s'évanouissent
Petite naïve
La chanson apprise
S'oublie bien vite (...)
 
Dans un autre temps, dans un autre monde...
 
— à quoi tu penses, Bill ?
— à rien. Je suis en train d'écrire, laisse-moi tranquille.
— Une nouvelle chanson ?
— Tom...
— Désolé... mais je voulais te dire que... j'y ai jeté un coup d'oeil tout à l'heure et...
— Tom !
— Elle est bien. Vraiment bien. En fait,...
— S'il te plaît, va-t-en.
— Très bien. J'allais juste te dire "Appelle-la au lieu de lui écrire une chanson qu'elle n'entendra jamais." Mais bon, fais comme si je n'avais rien dit.
— ...




*


Maman n'avait pas aimé Bill, ni Tom, ni Georg, ni Gustav, ni même Saki et Dan qui n'avaient strictement rien fait de mal et qui, eux, ne portaient même pas le genre de vêtements qui entraînerait la désapprobation de Madame comme les quatre autres. Elle avait détesté le gros 4X4 garé dans le jardin, les voisins curieux qui avaient pointé le bout de leur nez chez nous à sept heures du soir, les cheveux du Chanteur et le fer à lisser de Georg. Elle grogna du soir au matin, en préparant les lasagnes, en faisant la vaisselle, en voyant Gustav faire tomber son plus beau vase et en cherchant le chat dans le jardin, caché sous la haie pour échapper à Bill qu'il avait fui comme la peste dès son arrivée. Heureusement pour nous tous, Papa était rentré assez tôt pour réguler la situation, s'excusant en vitesse de la franche impolitesse de sa femme avant d'enchaîner sur les bonnes lasagnes qu'elle avait préparé. Sujet qui eut le don de ramener les sourires disparus – merci, papa.

Étrangement, je ne me rappelai de toute cela qu'à travers un brouillard dense et compact que je ne pouvais chasser malgré mes constants efforts. Les rires des jumeaux... les grognements imbéciles de maman... le sourire crispé de papa et de Saki... C'était idiot et ridicule, mais tout ce dont je parvenais à me souvenir, c'était la scène qui avait suivi – ces instants bénis où je m'étais rendue dans la grange avec Le Chanteur...


Propulsée en arrière.
[FLASH BACK_]
 



- Assieds-toi, lui demanda-t-elle en s'affalant par terre, bonne habituée de l'inconfort qu'elle était.

Il avait froncé le nez puis obtempéré à contrec½ur, s'asseyant dans le foin avec une élégance et une contrariété palpable. Que Monsieur Le Chanteur n'ait pas de trône en velours pour s'asseoir et son monde ne tournait plus rond. Angie-Keith ne s'en offusqua pas et le sourire idiot qui apparaissait régulièrement sur ses lèvres réapparut encore une fois, et puis encore une. C'était parfaitement ridicule. Authentique aussi.

- ça doit être bien,... de vivre de sa musique. Non ? Ânonna Angie-Keith en jouant avec une brindille d'un geste fébrile.

Il prit le temps de lui sourire avant de répondre, le regard vrillé sur elle avec tant d'insistance qu'elle l'aurait considéré comme l'impolitesse la plus pure si elle n'était pas venue de lui.
 
- C'est plus que bien. C'est magique... comme un océan.

Elle écarquilla les yeux et lui rendit prudemment son regard, plus nerveuse que jamais. Le Chanteur avait le regard tranquille, lui. C'était une première pour Angie-Keith de le voir aussi calme. Il ne s'agitait pas, ne parlait pas trop fort, ne fredonnait pas, ne battait pas la mesure – ni de ses grands pieds, ni de ses grandes mains. Il se contentait de respirer à côté d'elle, incarnation de la patience et de la beauté. C'était vraiment étrange. Elle n'aurait jamais pensé à lui attribuer ces adjectifs quelque temps plus tôt, au repas. Était-il vraiment le même, ici ? Était-ce possible de changer du tout au tout en quelques minutes ?
Elle l'en croyait capable.

- Un océan ? Répéta-t-elle en osant enfin briser le silence qui s'était installé.
- Ouais. Ça va, ça vient... tout est toujours en mouvement. Il y a beaucoup de gens autour de nous, mais tous finissent pas s'en aller. Alors nous partons autre part, et les gens nous aiment, nous quittent, nous insultent, nous demandent des autographes, nous complimentent, nous agressent, encore et encore. Ils parlent de nous et nous laissent tomber soudainement. Et c'est toujours si soudain que je n'arrive jamais à tout retenir. Les visages de nos fans... Quelques uns subsistent, ce sont des bons souvenirs pour nous. Le reste n'est qu'un océan de visages, qui sourient, hurlent et pleurent. Et puis...

Il stoppa au milieu de ses étonnantes explications, lui jeta un drôle de regard et se mit à rire en voyant la tête qu'elle faisait.

- Excuse-moi de te raconter tout ça. Tu ne dois rien comprendre... Je ne sais même pas pourquoi je te dis ça. En fait, tu as un visage à confidences.
- Un visage à confidences ?

N'était-elle bonne qu'à répéter ses mots ? Elle se reprit et passa une main tremblante dans ses longs cheveux couleur paille. Bill se laissa tomber dans le foin pour de bon et rit encore un peu avant de se décider à lui expliquer le fond de sa pensée.

- Oui. Un visage à confidences, répéta-t-il lentement, comme s'il savourait ses paroles et l'effet qu'elles auraient sur elle. Le genre de visage qui t'amène toujours à dire des trucs qui reflètent le fond de ta pensée, quelle qu'elle soit. Je n'aime pas trop ce genre de visages. Ceux qui les possèdent sont trop candides.
- Mais je ne suis pas candide ! S'exclama Angie-Keith en fronçant le nez.
- Tu crois ça ?

Rieur, il se tortilla sur le foin jusqu'à ce que leurs deux visages se touchent presque. La jeune fille eut un vague aperçu de l'effet que ses grands yeux chocolat lui faisaient avant qu'elle ne se redresse précipitamment pour éviter cette soudaine proximité. Son c½ur battait trop vite, trop fort dans sa frêle poitrine. « Calme-toi, Angie-Keith. », se répéta-t-elle quelques instants avant d'oser reprendre le fil de leur conversation décousue, surtout pour éviter qu'il ne s'aventure en des terrains plus dangereux.

- Ta vie est comme un océan. La mienne... c'est un grand champ d'herbe.
Il éclata de rire – un rire frais qui grelottait comme mille clochettes de mille des chèvres qu'Angie-Keith soignait tous les matins depuis onze ans.
- Vraiment ? Un champ ? s'étonna-t-il en se cachant la bouche pour mieux se moquer d'elle.
- Oui. Un champ d'herbe jaune, soupira-t-elle, décidée à le faire rire de nouveau.

Son stratagème fonctionna et ses accents de gaieté l'émerveillèrent. Elle battit les paupières et se décida enfin à se rallonger près de lui. Il se rapprocha aussitôt d'elle, si vite que leurs épaules se cognèrent l'une contre l'autre avec un bruit sourd. Le Chanteur grimaça mais ne fit pas mine de se reculer.

- Pourquoi jaune ? Demanda-t-il en reprenant son sérieux.
- Parce que. C'est toujours la même chose, ici. La meilleure des herbes se gâterait si l'on ne s'occupait pas d'elle.
- Soyons clair ; tu es l'herbe en question ?
- Parfaitement, acquiesça Angie-Keith. Parfois... j'ai l'impression que je vais mourir d'ennui. Il ne se passe jamais rien à Andraber. Le matin, les coqs nous réveillent. Papa se rend à la ferme pendant que maman prépare le déjeuner. Je vais aider papa après avoir fini de manger. L'après-midi, je reste à la boutique et tente de m'occuper, avec un livre, ou en allumant la télévision. Quand je ne suis pas en vacances, je vais à l'école, bien sûr. En rentrant, sur le chemin, je fais souvent une partie de pétanque avec les vieux du village. Et puis c'est tout. Comparé à toi, ma vie est... mon Dieu, vraiment terrifiante, soupira-t-elle avant de rire.

Lui ne rit pas, et sa grande main vint chercher la sienne dans le foin. Lorsque leurs doigts se trouvèrent, Angie-Keith s'aperçut qu'il était gelé. Elle en fut bizarrement soulagé. Ainsi, Monsieur Le Chanteur était humain – lui aussi avait froid, parfois.

- Tu n'as pas d'amis ? La questionna-t-il à voix basse. Moi, je n'ai pas le temps de m'en faire. Tout est trop éphémère. - J'ai l'impression que pour toi, c'est le contraire. Tout est trop long, trop lourd. Non ?
- Si... chuchota-t-elle. C'est ça.

Elle tourna la tête – pour éviter son regard, pour avoir le droit de ne pas répondre à sa précédente question. Tout ce qu'ils étaient en train de se dire était de l'authenticité pure et dure, et dans le calme de la grange, elle aurait pu tout lui raconter. Absolument tout. En un flash de souvenirs amers, elle revit le visage rieur d'Antoine, le contact de sa main sur la sienne, leurs moments ensemble... et puis les autres, les pires, les sombres. Elle chassa prestement ces images et ferma un instant les yeux pour qu'elles la laissent tranquille. Elle ne pouvait pas lui raconter – ne voulait pas. Pas maintenant. Pas tout de suite. Peut-être jamais d'ailleurs.

- Tu as des amis, 'Gie ? Redemanda Le Chanteur d'un ton prudent, grave, lointain.

Elle se tourna à nouveau vers lui et le regarda gravement, lui et ses grands yeux entourés de noirs, lui et ses étonnants cheveux étalés sur le foin, lui et sa peau si pâle, lui et ses drôles de bijoux, lui et son inconsciente ébauche de sagesse.

- 'Gie ? Souffla-t-elle.
- C'est plus court, s'impatienta-t-il. Réponds plutôt à ma question.

Elle lâcha sa main et se releva vivement. Il tenta de la rattraper mais elle échappa à ses doigts et enjamba le foin à la va-vite pour s'éloigner de lui et de ses questions intarissables.

- Je ne veux pas te répondre.
- Mais...
- S'il te plaît, va-t-en.

Il se leva à son tour et Angie-Keith se rendit compte à quel point il était grand. Frissonnant dans sa petite veste de cuir noir, il tentait de trouver une place pour ses grands pieds dans le foin qui emplissait la grange et agitait ses jambes frêles pour s'empêcher d'avoir froid. Il darda sur elle un regard pénétrant qui la transperça sur place et enfonça ses mains dans les poches de son jean en soupirant. Ils s'observèrent tous deux pendant quelques instants sans rien dire. Dehors, le soleil s'était enfin couché et la clarté environnante qui éclaircissait la grange un peu plus tôt avait laissé place à une obscurité des plus effrayantes. Angie-Keith risqua un coup d'½il en direction de la porte ouverte et frissonna. Elle avait toujours eu peur du noir.

- Va-t-en, répéta-t-elle à Bill tandis qu'il l'observait encore. S'il te plaît.
- Angie-Keith...
- S'il te plaît.

Après un dernier regard dans la direction de la jeune fille, il se détourna enfin et sortit sans un mot.


La jeune fille eut à peine le temps d'aller se rasseoir dans le foin qu'il revenait déjà, l'air décidé.
Cette fois-ci, ce n'était pas pour parler.




« Et puis il l'avait embrassée. »
 
FIN DU FLASH BACK.
_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
 
 

Je cherchais vainement. J'avais déjà fouillé mon bureau que je le refouillais encore, des larmes de peur s'étalant sur mes joues comme deux grandes rivières s'échappant de leur lit. Mais j'avais beau m'acharner, je ne la trouvais pas. Non ! Ce n'était pas possible. Elle devait forcément être là.

Malgré mes belles paroles, je finis néanmoins par abandonner mes recherches. Complètement égarée, je descendis les marches qui menaient à la boutique aussi vite que possible, trébuchant plusieurs fois, me rattrapant de justesse à la rambarde. Pleurant encore, je gagnai l'arrière boutique en priant pour que ma mère y soit.
Elle y était.

— Maman ! m'écriai-je, aveuglée par la lumière qui filtrait à travers les rideaux bon marché qu'avait retrouvé ma mère en participant à un vide-grenier. Où est-ce que tu l'as mise !?

L'air proprement étonnée, ma mère me jeta un vague coup d'½il avant de hausser les épaules et de reprendre sa tâche - Faire les comptes, chose qu'elle avait toujours détesté faire -, les lunettes sur le bout de son nez aquilin. Plongée dans les papiers qui jonchaient le sol et la table, elle avait autre chose à faire que de se soucier des petits problèmes de sa fille. Bien sûr.

— Je ne vois pas de quoi tu parles, affirma-t-elle calmement tout en se redressant pour agripper la calculatrice qui trônait sur une pile de papiers.
— De la lettre ! lançai-je en jurant intérieurement contre le manque d'empressement de ma mère.
— Quelle lettre, Angie-Keith? redemanda-t-elle en posant cette fois son crayon - Non sans un gros soupir.
— Celle que j'avais posé sur mon bureau ! Tu en as fais quoi ?!
— Ah, celle-ci. Et bien, je l'ai posté ce matin. Il y avait déjà l'adresse et le timbre, alors j'ai pensé que tu voulais que je le fasse.

Pétrifiée, je considérai sa mère un instant avant de rebrousser brusquement chemin, montant les escaliers en butant sur chacune des marches.

Ainsi, il lirait la lettre malgré tout.
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#Posté le jeudi 24 décembre 2009 08:28

Modifié le samedi 25 juin 2011 12:16

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